La RDC ne doit plus être seulement un pays riche en ressources. Elle doit devenir, à l’horizon 2060, une puissance économique africaine souveraine, productive, industrielle, inclusive et durable.
Aujourd’hui, notre économie reste encore trop dépendante des matières premières. La croissance est portée principalement par le secteur minier, tandis que la pauvreté demeure très élevée et que la création d’emplois reste insuffisante. La Banque mondiale souligne que la pauvreté reste massive en RDC malgré la croissance, et que les secteurs non miniers doivent être renforcés pour rendre cette croissance plus inclusive.
Ma conviction est simple : la RDC doit passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation.
1. Une économie souveraine
La souveraineté économique doit devenir le cœur de notre politique nationale. Cela signifie produire davantage localement, transformer nos minerais, développer notre agriculture, maîtriser nos infrastructures stratégiques, sécuriser nos chaînes d’approvisionnement et mobiliser notre propre épargne nationale.
La RDC ne doit plus exporter seulement du cuivre, du cobalt, du coltan, du lithium ou de l’or brut. Elle doit exporter des batteries, des composants industriels, des produits agricoles transformés, des services numériques, de l’énergie, du savoir-faire et du capital humain.
2. Une économie industrielle
À l’horizon 2060, la RDC doit devenir un grand pays industriel africain. Cela exige la création de zones économiques spéciales performantes, de pôles agro-industriels, de corridors logistiques modernes, d’industries minières de transformation, d’industries pharmaceutiques, textiles, énergétiques et numériques.
Le corridor de Lobito, qui vise à relier les bassins miniers de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito, illustre l’importance stratégique des infrastructures régionales pour nos exportations et notre intégration économique.
3. Une économie agricole et alimentaire
La première révolution économique congolaise doit être agricole. Un pays qui importe massivement ce qu’il peut produire lui-même affaiblit sa monnaie, ses ménages et sa souveraineté.
D’ici 2060, la RDC doit devenir un grenier alimentaire de l’Afrique centrale, avec une agriculture mécanisée, irriguée, financée, structurée autour des coopératives, des PME agricoles, des routes de desserte agricole, de la conservation, de la transformation locale et de l’exportation régionale.
4. Une économie entrepreneuriale
La richesse nationale ne viendra pas seulement de l’État ou des grandes entreprises. Elle viendra aussi des entrepreneurs, des PME, des coopératives, des startups, des artisans, des femmes commerçantes, des jeunes innovateurs et des investisseurs congolais.
Je propose la création d’un Fonds National pour l’Entrepreneuriat, l’Innovation et la Transformation Locale, alimenté par une partie des recettes minières, fiscales, douanières et climatiques. Ce fonds financerait les PME, les industries locales, les jeunes entrepreneurs, les femmes et les projets productifs dans les provinces.
5. Une économie de justice sociale
La croissance n’a de sens que si elle transforme la vie réelle des Congolais. Une économie qui produit des chiffres sans créer des emplois, sans réduire la pauvreté, sans améliorer les revenus et sans protéger les plus vulnérables n’est pas une économie de développement.
La RDC 2060 doit viser le plein emploi productif, la montée d’une classe moyenne congolaise, l’accès massif au crédit, la protection sociale, le logement abordable, la santé, l’éducation et la dignité économique.
6. Une économie verte et durable
La RDC possède l’un des plus grands patrimoines écologiques du monde. Elle doit devenir une puissance climatique, non pas en restant pauvre au nom de la conservation, mais en monétisant intelligemment ses forêts, ses eaux, sa biodiversité et son rôle mondial dans la transition énergétique.
Notre économie verte doit financer l’assainissement des villes, les emplois verts, l’énergie propre, la gestion des déchets, la reforestation, les crédits carbone, l’agriculture durable et les infrastructures résilientes.
7. Une économie bien gouvernée
Aucune vision économique ne réussira sans gouvernance. Il faut une administration économique performante, une justice commerciale crédible, une fiscalité simple, une lutte réelle contre la corruption, des entreprises publiques rentables, des marchés publics transparents et un État stratège.
L’État congolais doit cesser d’être seulement dépensier. Il doit devenir investisseur, régulateur, catalyseur et bâtisseur de marchés.
8. Notre ambition pour 2060
À l’horizon 2060, je vois une RDC :
forte de plus de 200 millions d’habitants ;
industrialisée ;
autosuffisante sur les produits stratégiques ;
leader africain des minerais transformés ;
puissance agricole régionale ;
hub énergétique du continent ;
centre numérique d’Afrique centrale ;
pays de grandes infrastructures ;
État social solide ;
nation prospère, souveraine et respectée.
La politique économique que je défends repose sur une idée centrale :
faire de la richesse congolaise une prospérité congolaise.
Pas une croissance qui enrichit seulement les multinationales.
Pas une économie qui exporte nos ressources et importe notre pauvreté.
Pas un État qui survit grâce aux matières premières.
Mais une RDC qui produit, transforme, innove, emploie, exporte, protège et transmet.
Voilà ma vision : bâtir, d’ici 2060, une économie congolaise souveraine, productive, inclusive, verte et puissamment tournée vers l’émergence nationale.
Walter Mulumba Nyengele
Président, Congo Emergence
Consultant en gouvernance, stratégie et développement durable


